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Publié le 12 septembre 2022

Bretagne : l’enjeu d’un développement massif de la production locale

A quelques jours du congrès de la FNCCR, Olivier Dehaese, Président du SDE35, maire d’Acigné et Jean-Philippe Lamarcade, Directeur Régional Enedis Bretagne évoquent la coopération entre le gestionnaire du réseau et les AODE bretonnes.

Dans quel contexte aura lieu le 38ème congrès de la FNCCR notamment en ce qui concerne les problématiques liées à l’énergie ?

Olivier Dehaese. La très forte hausse des prix, tant sur le gaz que sur l’électricité, est un réel sujet d’inquiétude pour les élus locaux. La situation est telle que parfois certains fournisseurs ne parviennent plus à répondre aux marchés publics des collectivités.

Jean-Philippe Lamarcade. Le contexte actuel accélère la transition écologique qui passe par l’électricité et l’électrification des usages auxquels il faut apporter des solutions concrètes. Cela nécessite des partenariats forts entre Enedis et les AODE (Autorités Organisatrices de la Distribution d’Electricité).

Quels sont, selon vous, les principaux enjeux de la transition énergétique ?

O.D. Le premier enjeu est la sobriété : la baisse de la consommation d’énergie doit être un sujet pour chacun d’entre nous. Il faut aussi travailler sur l’efficacité énergétique mais également sur la problématique de la production d’énergies renouvelables afin de bénéficier d’un prix maîtrisé à long terme.

J.-P.L. L’enjeu aujourd’hui est de rendre concrète notre action via des projets d’intégration des énergies renouvelables (ENR) décentralisés, un développement de la mobilité électrique et une meilleure maîtrise de l’énergie. Et ce, en partenariat avec les AODE afin d’apporter des réponses différentes et adaptées à chaque territoire.

Quelles sont les spécificités de la région Bretagne en matière de production et de distribution d’énergie ? 

O.D. La région a deux spécificités qui sont des fragilités : son état péninsulaire avec une faible production locale qui ne couvre que 12 à 13% de la consommation et sa sensibilité aux aléas climatiques avec des tempêtes, des orages et des sécheresses plus nombreuses et surtout plus sévères avec le changement climatique.

J.-P.L. La région importe en effet 85% de son électricité, une situation rare dans le paysage français. Il y a donc un enjeu de développement massif de la production locale via notamment des projets de parcs éoliens offshore. La Bretagne connaît par ailleurs une activité économique très dynamique avec le plus fort taux d’emploi en France et une forte croissance de sa population qui devrait croître de 400 000 habitants d’ici 2040. Les besoins en électricité sont donc considérables.

Quelles initiatives sont menées par Enedis et les SDE bretons (Syndicats Départementaux d’Electricité)   pour répondre à ces spécificités ? 

J.-P.L. Chaque solution est coconstruite avec les AODE et les élus. En Ille-et-Vilaine par exemple, la convention de partenariat intégrée au contrat de concession s’appuie sur trois piliers : le développement des ENR sur le territoire, une sensibilisation à la maîtrise de l’énergie et l’accroissement de la mobilité électrique à travers un schéma d’implantation de bornes adapté aux usages locaux.

« En Ille-et-Vilaine, la convention s’appuie sur trois piliers : le développement des ENR sur le territoire, une sensibilisation à la maîtrise de l’énergie et l’accroissement de la mobilité électrique

O.D. Depuis plus de dix ans, tous les acteurs locaux des questions énergétiques travaillent ensemble pour répondre à ces spécificités. Ainsi, nous réfléchissons avec Enedis sur la production d’ENR dans la région et sur notre capacité à produire de l’électricité. Nous avançons ensemble sur le dossier de la mobilité électrique afin de dimensionner le réseau aux besoins liés au déploiement des bornes que nous installons.

Pour la métropole rennaise, quels sont les enjeux particuliers à relever ?

O.D. La métropole qui connaît une croissance démographique très dynamique a de fortes ambitions en termes de transition énergétique comme en témoigne son Plan Climat. Nous travaillons ainsi au basculement des bus intra-urbains vers l’électrique et des bus périurbains vers le gaz. Il y a aussi un enjeu de sobriété à mener. Cela passe notamment par des incitations à la rénovation de l’habitat avec un objectif de 6000 logements rénovés par an au niveau BBC à partir de 2025. 

« La métropole rennaise qui connaît une croissance démographique très dynamique a de fortes ambitions en termes de transition énergétique »

J.-P.L. Nous avons récemment construit deux nouveaux postes source. Un investissement majeur qui va permettre de développer les ENR et répondre aux besoins et aux nouveaux usages comme l’ouverture de la ligne de métro B à l’automne. Par ailleurs, la métropole rennaise qui est déjà la deuxième collectivité la moins énergivore de France va continuer avec Enedis dans le sens de cette frugalité grâce à l’exploitation des données pour faciliter notamment la rénovation thermique des bâtiments.

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